
Arriver au Québec sans connaître de professionnels dans son secteur peut compliquer une recherche d’emploi. Les offres publiées permettent de repérer des employeurs, mais elles ne révèlent pas toutes les possibilités. Certaines informations circulent d’abord entre collègues, membres d’associations et personnes qui exercent déjà le métier.
Pour accéder à ces échanges, il n’est pas nécessaire d’avoir un carnet d’adresses bien rempli ni de se transformer en spécialiste de la conversation. Le réseautage professionnel consiste d’abord à créer des relations fondées sur des échanges utiles et authentiques. Une question pertinente, une rencontre sectorielle ou un suivi après une discussion peuvent constituer un premier pas.
L’objectif est de bâtir progressivement un réseau capable de vous renseigner sur les pratiques québécoises, de vous aider à présenter vos compétences et, lorsque la relation le permet, de faciliter des recommandations. Cette démarche fonctionne mieux lorsqu’elle accompagne une recherche d’emploi ciblée plutôt que de chercher à la remplacer.
Développer son réseau au Québec : les trois réflexes essentiels
- Commencer par des conversations informationnelles pour comprendre son secteur et identifier les bons interlocuteurs.
- Combiner les rencontres en personne et LinkedIn pour créer des liens, puis les entretenir.
- Préparer une candidature adaptée au Québec avant de demander une présentation ou une recommandation.
- Pourquoi le réseautage peut-il accélérer une recherche d’emploi au Québec ?
- Comment contacter un professionnel sur LinkedIn sans donner l’impression de solliciter un poste ?
- Événements en personne ou LinkedIn : quel canal privilégier pour créer des contacts ?
- Quelle attitude peut fermer des portes lors de vos premiers contacts professionnels ?
- Comment relancer un contact professionnel après une première conversation utile ?
- Comment traduire son expérience internationale en compétences lisibles sur un CV québécois ?
- Quelle erreur de candidature peut réduire vos chances sur le marché québécois ?
- Comment décrocher un premier emploi sans expérience professionnelle locale au Québec ?
Pourquoi le réseautage peut-il accélérer une recherche d’emploi au Québec ?
Le réseautage peut accélérer une recherche d’emploi au Québec en donnant accès à des informations qui ne figurent pas toujours dans les annonces : besoins des entreprises, compétences recherchées et postes non affichés. Il permet aussi de rencontrer des personnes capables d’expliquer le fonctionnement d’un secteur et, parfois, de recommander une candidature pertinente.
Le marché caché de l’emploi désigne les possibilités de recrutement qui ne font pas l’objet d’une annonce publique. Selon les conseils du gouvernement du Québec sur les emplois non affichés, certaines entreprises ne publient pas d’offres pour tous leurs postes disponibles. Le gouvernement recommande notamment de parler de sa recherche à son entourage et de mobiliser ses contacts.
Cela ne signifie pas que la majorité des emplois sont cachés ni qu’une recommandation garantit une embauche. En revanche, limiter sa démarche aux plateformes de candidature revient à se priver d’un canal d’information supplémentaire.
Deux approches du réseautage produisent des échanges très différents :
- Le réseautage transactionnel consiste à approcher une personne principalement pour obtenir un poste, transmettre un CV ou demander une faveur immédiate.
- Le réseautage relationnel vise d’abord à comprendre un métier, partager une expérience ou obtenir un conseil. Une possibilité professionnelle peut apparaître ensuite, lorsque le contact connaît mieux votre profil.
Cette deuxième approche est particulièrement utile lorsqu’on possède une expérience internationale peu connue des employeurs locaux. Une personne du secteur peut expliquer les intitulés québécois, donner son avis sur votre positionnement ou vous orienter vers le bon responsable. Si elle connaît suffisamment votre travail, elle pourra éventuellement envisager une présentation.
Pour constituer un premier cercle, plusieurs portes d’entrée existent : organismes communautaires spécialisés en employabilité, chambres de commerce, associations professionnelles, regroupements de personnes immigrantes par métier et activités de recrutement comme les Journées Québec, lorsque leurs événements correspondent à votre situation.
Un organisme d’employabilité peut notamment aider à identifier les événements accessibles, à préparer une prise de contact et à mieux cibler les entreprises de votre secteur.
Une fois les premiers interlocuteurs repérés, il reste à les approcher sans transformer chaque échange en demande de recrutement.
Comment contacter un professionnel sur LinkedIn sans donner l’impression de solliciter un poste ?
Pour contacter un professionnel québécois sur LinkedIn, présentez brièvement la raison précise de votre démarche, posez une question liée à son expertise et proposez un échange facile à accepter. Une demande de quinze minutes ou deux questions écrites suffit. Le premier objectif est d’obtenir un éclairage professionnel, pas de faire transmettre immédiatement votre CV.
Une invitation générique comme « Bonjour, je cherche un emploi au Québec, pouvez-vous m’aider ? » oblige votre interlocuteur à deviner ce que vous attendez de lui. Elle lui demande également de s’engager sans connaître votre parcours.
Une approche plus efficace repose sur trois éléments :
- Le contexte : mentionner une publication, une expérience commune, un événement ou une raison précise de contacter cette personne.
- La demande informationnelle : poser une question sur le métier, les compétences recherchées ou le parcours professionnel au Québec.
- Un engagement limité : proposer une courte conversation ou laisser la possibilité de répondre par écrit.
La documentation LinkedIn sur la personnalisation des invitations recommande de préciser comment vous avez découvert la personne et pourquoi vous souhaitez entrer en relation avec elle. Les possibilités d’ajouter un message personnalisé dépendent des fonctionnalités et des limites applicables au compte.
Voici un exemple de premier message, à adapter à une personne réellement identifiée :
« Bonjour Amélie, votre publication sur le travail en gestion de projets au Québec m’a intéressé. Je découvre actuellement les pratiques de ce secteur après une expérience à l’international. Seriez-vous disponible pour un échange de quinze minutes, ou pour deux questions par écrit ? Merci et bonne journée ! »
Ce message offre une sortie simple : la personne peut accepter, répondre brièvement ou ne pas donner suite.
Avant de contacter une personne, prenez le temps de consulter ses publications et de comprendre ses centres d’intérêt professionnels. Vous pouvez suivre une association sectorielle, réagir à une discussion pertinente ou commenter un contenu lorsque vous avez quelque chose d’utile à ajouter. Cette préparation peut s’étendre sur plusieurs semaines, sans qu’il soit nécessaire d’attendre une durée précise.
L’entrevue informationnelle doit rester distincte d’un entretien de recrutement. Demandez comment le métier s’exerce au Québec, quelles compétences sont recherchées ou quelles ressources consulter. Ne transformez pas brusquement une discussion sur le secteur en demande de poste.
À l’inverse, éviter indéfiniment de parler de sa recherche d’emploi limite l’utilité de la relation. Après un échange constructif, vous pouvez expliquer le type de poste que vous ciblez et demander si votre interlocuteur connaît des entreprises ou des ressources pertinentes. Une recommandation plus directe devient envisageable lorsqu’il connaît votre profil et se montre ouvert à cette démarche.
LinkedIn facilite l’identification des personnes pertinentes, mais les rencontres en personne peuvent rendre ces premiers échanges plus naturels.
Événements en personne ou LinkedIn : quel canal privilégier pour créer des contacts ?
Pour développer un réseau professionnel au Québec en partant de zéro, privilégiez une combinaison de rencontres en personne et de contacts LinkedIn. Les événements permettent de discuter spontanément et de créer un premier lien. LinkedIn aide ensuite à retrouver les personnes rencontrées, à suivre leurs activités et à entretenir la relation entre deux occasions de se voir.
Le meilleur choix dépend de votre situation. Si vous venez d’arriver, un café-carrière ou un événement sectoriel peut vous permettre de rencontrer plusieurs interlocuteurs dans un environnement propice aux questions. Si vous habitez loin des grands centres, travaillez déjà ou disposez de peu de temps, les échanges en ligne peuvent être plus accessibles.
Les formats disponibles ne répondent pas tous au même objectif. Avant de participer, renseignez-vous sur les personnes présentes et sur le type d’interactions prévues.
| Format | Objectif principal | Approche conseillée |
|---|---|---|
| 5 à 7 professionnel | Créer des premiers liens informels | Échanger avec quelques personnes de son secteur plutôt que multiplier les présentations. |
| Café-carrière ou activité d’employabilité | Comprendre le recrutement local | Préparer des questions sur les compétences et les attentes des employeurs. |
| Association sectorielle ou ordre professionnel | Découvrir les pratiques et exigences du métier | Participer aux rencontres ouvertes aux personnes de votre profil. |
| Réseau d’immigration francophone ou organisme d’accueil | Trouver des ressources et des contacts d’intégration | Demander une orientation vers des activités professionnelles ciblées. |
| Réseautage d’affaires structuré | Échanger des contacts et développer sa visibilité | Vérifier que les participants correspondent à votre domaine. |
| Bénévolat associatif | Collaborer et démontrer des compétences | Choisir une mission utile, compatible avec votre disponibilité. |
| Identifier et entretenir des relations | Personnaliser les échanges et assurer un suivi pertinent. |
À la fin d’un événement, retenez un détail de chaque conversation : une entreprise mentionnée, une compétence à approfondir ou une ressource recommandée. Utilisez-le dans votre invitation LinkedIn pour rappeler le contexte de votre rencontre.
Après l’acceptation, faites progresser l’échange. Si votre interlocuteur a conseillé un article ou évoqué une formation, partagez ce que vous en avez retenu. Une telle relance transforme une connexion numérique en relation suivie.
Les limites de chaque canal méritent aussi votre attention. Un profil LinkedIn incomplet, avec un parcours difficile à comprendre ou une présentation peu soignée, peut décourager les échanges. Une photo professionnelle peut aider à reconnaître une personne rencontrée, sans être une condition absolue. Lors d’un événement, accumuler les cartes d’affaires sans reprendre contact donne seulement l’impression d’avoir développé son réseau.
Quel que soit le canal utilisé, la manière d’entrer en relation compte davantage que le nombre de contacts accumulés.
Quelle attitude peut fermer des portes lors de vos premiers contacts professionnels ?
Les attitudes les plus susceptibles de compromettre un premier contact professionnel sont les demandes de faveur trop rapides, la présentation insistante de sa candidature, l’absence d’écoute et le non-respect des engagements. Une relation de réseautage commence plus facilement lorsque chacun dispose d’un espace pour échanger, sans se sentir obligé de fournir immédiatement une aide professionnelle.
Demander à une personne qui vient de vous rencontrer de transmettre votre CV à son responsable peut la placer dans une situation délicate. Elle ignore encore vos compétences, votre manière de travailler et votre adéquation avec l’entreprise. Une question sur son secteur ou sur les méthodes de recrutement constitue généralement un premier pas plus raisonnable.
La conversation informelle a également son importance. Lors d’un événement au Québec, quelques mots sur l’activité, le parcours de l’interlocuteur ou un sujet commun peuvent aider à établir le contact. Le tutoiement existe dans de nombreux milieux professionnels, mais son usage varie selon les personnes et les organisations. Observez le contexte plutôt que d’imposer un registre.
Les difficultés d’intégration sont réelles et peuvent être abordées lorsque la discussion s’y prête. Toutefois, consacrer l’essentiel d’un premier échange aux critiques d’un ancien employeur, aux frustrations de la recherche d’emploi ou aux problèmes rencontrés dans son pays d’origine risque de détourner la conversation de votre projet professionnel.
Formulez plutôt votre objectif de façon concrète : « Je cherche à mieux comprendre les pratiques de gestion de projets au Québec et les compétences les plus utiles pour intégrer une équipe locale. »
La réciprocité ne suppose pas d’avoir déjà un réseau influent. Vous pouvez contribuer en partageant une ressource pertinente, une expertise technique, une expérience internationale ou une information sur votre secteur. L’essentiel est de proposer quelque chose d’utile, sans transformer chaque geste en échange de faveurs.
Enfin, respectez vos engagements. Si vous promettez d’envoyer un document, de transmettre une information ou de répondre à une question, faites-le. Un suivi fiable rend votre démarche plus crédible qu’un long discours sur votre motivation.
Une bonne impression initiale reste néanmoins fragile si la relation s’interrompt aussitôt. Le suivi permet de lui donner une continuité.
Comment relancer un contact professionnel après une première conversation utile ?
Relancez un contact professionnel en rappelant un élément précis de votre conversation et en montrant ce que vous avez fait de ses conseils. Un premier remerciement peut être suivi d’une mise à jour utile, puis éventuellement d’une demande de présentation. Cette progression laisse à votre interlocuteur la possibilité de contribuer sans subir de pression.
Après un échange, envoyez un message personnalisé dans les jours qui suivent. Remerciez la personne et mentionnez une recommandation ou une information dont vous comptez tenir compte.
Par exemple : « Merci pour notre échange de mardi. Votre conseil de consulter les offres en coordination de projets m’a aidé à mieux comprendre les intitulés utilisés ici. Je vais adapter mon CV en conséquence. Au plaisir de rester en contact ! »
Quelques semaines plus tard, une mise à jour peut être pertinente si elle apporte une information réelle : participation à une activité, nouvelle compétence acquise ou candidature préparée grâce à un conseil reçu. L’objectif n’est pas de relancer pour relancer, mais de maintenir un échange qui conserve un intérêt professionnel.
Lorsqu’une relation est suffisamment établie, vous pouvez demander une présentation à une autre personne ou une référence interne. Facilitez cette démarche : indiquez le poste recherché, expliquez en quoi votre expérience correspond et proposez un court texte que votre interlocuteur pourra adapter. Ne présentez jamais son soutien comme acquis.
Une formulation possible serait : « J’ai repéré un poste qui correspond à mon expérience en coordination d’équipe. Si vous estimez mon profil pertinent et connaissez la personne responsable, seriez-vous à l’aise de me mettre en contact ? Je peux vous transmettre un résumé de mon parcours. »
Entre deux périodes de recherche active, restez attentif aux évolutions professionnelles de vos contacts. Une félicitation sincère lors d’un changement de poste ou le partage occasionnel d’une information pertinente peut entretenir la relation. Il n’est pas nécessaire d’envoyer des messages à fréquence fixe.
En l’absence de réponse, un ou deux suivis espacés suffisent généralement. Un silence peut avoir plusieurs explications et ne doit pas automatiquement être interprété comme un refus définitif. Après ces tentatives, concentrez votre énergie sur d’autres conversations.
Votre méthode de suivi en cinq actions concrètes
- Créer une liste de contacts ciblés avec leur nom, leur secteur et la raison de la prise de contact : obtenir un tableau de suivi initial.
- Noter une information utile après chaque conversation : ajouter au tableau un conseil, une ressource ou une piste d’action.
- Rédiger un remerciement personnalisé : conserver un message qui mentionne explicitement un élément discuté.
- Appliquer au moins un conseil reçu : consigner le résultat, par exemple une modification du CV ou une entreprise identifiée.
- Préparer une prochaine prise de contact pertinente : inscrire dans le tableau son objet et la date envisagée, sans imposer une relance systématique.
Les conseils recueillis peuvent ensuite servir à un objectif déterminant : rendre votre parcours international immédiatement compréhensible pour les employeurs québécois.
Comment traduire son expérience internationale en compétences lisibles sur un CV québécois ?
Pour rendre une expérience internationale lisible au Québec, utilisez des intitulés compréhensibles localement, décrivez vos responsabilités concrètes et mettez en avant vos compétences transférables. Précisez le contexte des entreprises et formations étrangères lorsque cela facilite leur compréhension. Votre réseau professionnel peut ensuite vous aider à vérifier la pertinence de ces formulations dans votre secteur.
Un intitulé reconnu dans votre pays ne signifie pas nécessairement la même chose au Québec. Un recruteur peut ainsi avoir du mal à évaluer la portée d’une fonction pourtant importante. Conservez un intitulé fidèle à votre expérience, puis apportez des précisions sur les tâches, le niveau de responsabilité et les compétences mobilisées.
Les informations officielles sur la reconnaissance des compétences étrangères par un employeur rappellent que les noms des emplois varient d’un pays à l’autre. Le gouvernement recommande de présenter les tâches et les compétences acquises à l’étranger afin de faciliter leur évaluation.
Voici une méthode pour clarifier votre expérience :
- Comparer les intitulés de postes figurant dans les offres québécoises avec ceux de votre parcours, sans vous attribuer un titre que vous n’avez pas occupé.
- Expliquer brièvement l’activité de vos anciens employeurs lorsque leur nom est peu connu au Canada.
- Décrire les responsabilités et résultats vérifiables plutôt que vous limiter au titre du poste.
- Développer les acronymes étrangers qui pourraient être incompréhensibles pour un recruteur local.
- Demander à un professionnel du secteur de vérifier si les formulations correspondent aux usages québécois.
Par exemple, une personne ayant occupé un poste de coordination dans une entreprise étrangère peut préciser le type de projets gérés, les équipes concernées et les outils utilisés. Ces éléments permettent de comprendre son expérience sans supposer que l’employeur connaît l’organisation d’origine.
Le réseau peut également aider à repérer les mots-clés employés dans les offres locales. Comparez plusieurs descriptions de postes et des profils professionnels comparables sur LinkedIn. Demandez ensuite à un contact si les compétences présentées sur votre CV correspondent aux responsabilités effectivement associées au métier.
Pour les diplômes, l’évaluation comparative des études effectuées hors du Québec peut aider un employeur à comprendre un parcours scolaire. Elle ne constitue toutefois pas une équivalence de diplôme et n’est pas systématiquement nécessaire.
La distinction entre profession réglementée et profession non réglementée est essentielle. Dans une profession non réglementée, l’employeur peut directement évaluer les compétences d’une personne candidate. Dans une profession réglementée, les exigences d’exercice doivent être vérifiées auprès de l’ordre ou de l’organisme compétent. Les contacts du secteur peuvent vous orienter, mais ils ne remplacent pas une reconnaissance ou une autorisation obligatoire.
Une fois votre parcours compréhensible, il faut veiller à ce que chaque candidature reflète le même positionnement professionnel.
Quelle erreur de candidature peut réduire vos chances sur le marché québécois ?
L’une des erreurs les plus pénalisantes consiste à envoyer le même CV et la même lettre de présentation à un grand nombre d’employeurs, sans tenir compte des postes visés. Cette méthode rend difficile la mise en évidence des compétences pertinentes. Elle affaiblit aussi l’effet d’une recommandation professionnelle si le dossier transmis ne correspond pas aux besoins de l’entreprise.
Une candidature efficace doit permettre de comprendre rapidement quel poste vous recherchez, quelles responsabilités vous avez déjà exercées et pourquoi votre profil correspond aux attentes. Lorsque vous possédez une expérience internationale, ces informations méritent une attention particulière afin d’éviter les malentendus liés aux intitulés étrangers.
Les recommandations du gouvernement du Québec pour rédiger un CV préconisent d’adapter le document au type d’emploi ou au secteur recherché. Elles invitent également à valoriser les compétences pertinentes, notamment celles acquises dans des activités de stage ou de bénévolat.
Cette adaptation doit aussi concerner votre présence professionnelle en ligne. Un contact qui souhaite recommander votre candidature doit pouvoir retrouver un parcours cohérent entre votre CV, votre profil LinkedIn et ce que vous lui avez expliqué.
Avant de solliciter une recommandation, vérifiez notamment :
- Que l’intitulé professionnel et les compétences principales sont cohérents entre le CV et LinkedIn.
- Que les responsabilités décrites correspondent réellement au poste recherché.
- Que votre lettre de présentation explique votre intérêt pour l’entreprise plutôt que reprendre un texte générique.
- Que les documents sont rédigés dans une langue appropriée au poste, avec un français professionnel soigné lorsque celui-ci est attendu.
- Que les références mentionnées ont accepté de jouer ce rôle.
Dans le format habituellement conseillé pour une candidature au Québec, privilégiez un CV clair, généralement d’une à deux pages selon le parcours et le domaine. Évitez d’y ajouter une photo ou des renseignements personnels superflus, sauf exigence particulière clairement justifiée. Concentrez l’espace disponible sur les compétences et l’expérience professionnelle.
Enfin, postuler à des postes trop différents peut rendre votre projet difficile à comprendre. Un positionnement précis aide vos contacts à reconnaître les occasions qui correspondent à votre profil. Il devient alors plus simple de vous présenter à une personne qui recrute dans votre domaine.
Même avec un CV adapté et des contacts pertinents, l’absence d’expérience professionnelle locale peut rester un obstacle. Plusieurs démarches permettent toutefois d’obtenir une première référence sans renoncer à son parcours antérieur.
À retenir avant de rechercher une première expérience locale
- Choisir une activité qui permet d’utiliser des compétences liées au métier visé, plutôt que rechercher n’importe quelle expérience québécoise.
- Évaluer les occasions selon les responsabilités confiées, les apprentissages possibles et les personnes susceptibles de connaître votre travail.
- Définir des objectifs de réseautage mesurables pour maintenir la démarche dans la durée sans multiplier les contacts inutiles.
Comment décrocher un premier emploi sans expérience professionnelle locale au Québec ?
Pour décrocher un premier emploi au Québec sans expérience locale, combinez une recherche ciblée avec des activités qui permettent de démontrer vos compétences sur place. Le bénévolat, les projets courts, les associations professionnelles et certains programmes d’intégration en emploi peuvent créer des occasions de collaboration. Le réseau développé autour de ces expériences peut ensuite faciliter l’accès à des informations, des références et des possibilités d’embauche.
Le bénévolat stratégique est particulièrement intéressant lorsqu’il mobilise des compétences proches de celles de votre profession. Une personne travaillant en communication peut contribuer à la préparation d’un événement associatif. Un professionnel de la gestion de projets peut participer à l’organisation d’une activité communautaire, dans un rôle adapté à ses capacités et aux besoins de l’organisme.
La valeur de cette expérience dépend moins de son intitulé que des responsabilités réellement exercées. Une contribution concrète peut illustrer votre capacité à collaborer dans un environnement québécois, à respecter des engagements et à appliquer vos compétences.
Le gouvernement du Québec indique que les expériences de stage et de bénévolat pertinentes peuvent être intégrées à la rubrique professionnelle du CV. Une personne ayant supervisé ces activités peut également constituer une référence, à condition de lui demander son autorisation.
Les projets ponctuels, mandats courts et programmes d’immersion en emploi destinés aux personnes immigrantes sont d’autres pistes à explorer. Leur disponibilité et leurs conditions d’admissibilité varient. Un organisme d’employabilité peut vous aider à identifier les dispositifs qui correspondent à votre profil.
Un premier emploi légèrement différent du poste idéal peut aussi jouer un rôle de tremplin, mais ce choix demande une réflexion. Avant d’accepter une fonction moins qualifiée, évaluez les possibilités d’apprentissage, les perspectives d’évolution, la rémunération, la stabilité du poste et le risque de vous éloigner durablement de votre profession.
Pour développer vos relations, activez progressivement deux cercles :
- Les contacts indirects : membres d’associations, anciens collègues installés au Québec, personnes de votre communauté professionnelle et contacts de contacts. Leur rôle est de vous aider à comprendre le secteur et à identifier les bons interlocuteurs.
- Les professionnels plus proches des décisions de recrutement : responsables d’équipe, gestionnaires et personnes impliquées dans les projets qui vous intéressent. Une présentation par un contact commun peut faciliter un premier échange, sans être indispensable.
Pour maintenir cette démarche, définissez quelques indicateurs hebdomadaires adaptés à vos disponibilités : conversations informationnelles réalisées, contacts suivis, événements pertinents fréquentés et candidatures ciblées envoyées. Ces indicateurs servent à mesurer les actions entreprises, pas à garantir un nombre d’embauches.
Le réseautage produit parfois des résultats différés. Une conversation peut seulement conduire à une nouvelle ressource, puis à une autre personne, avant de déboucher sur une possibilité concrète. Le suivi régulier aide à reconnaître cette progression.
Choisissez dès maintenant un secteur prioritaire, identifiez trois professionnels à contacter et repérez une activité où vous pourriez rencontrer des personnes du métier. Préparez une question pour chacun et consignez les réponses obtenues : ce premier ensemble d’actions constitue une base concrète pour développer votre réseau.
Combien de contacts faut-il avoir pour commencer à développer un réseau professionnel au Québec ?
Aucun nombre minimum n’est nécessaire. Quelques personnes qui connaissent votre domaine et acceptent d’échanger peuvent être plus utiles qu’une longue liste de connexions sans relation réelle. Commencez par identifier des interlocuteurs pertinents et développez progressivement ces relations.
Peut-on faire du réseautage au Québec avec un français encore imparfait ?
Oui. Préparez une présentation simple de votre parcours et quelques questions précises. Privilégiez les échanges dans lesquels vous pouvez communiquer clairement et demander une reformulation au besoin. Selon le secteur, le niveau de français attendu peut varier, notamment lorsqu’une fonction exige des communications professionnelles soutenues.
Est-il nécessaire de payer pour participer à des événements de réseautage ?
Non. Certaines rencontres organisées par des organismes communautaires, des associations ou des réseaux professionnels sont gratuites, tandis que d’autres exigent des frais ou une adhésion. Avant de vous inscrire, vérifiez le programme, les conditions d’accès et la pertinence des participants pour votre métier.
Faut-il avoir un permis de travail pour commencer à construire son réseau au Québec ?
Les prises de contact, conversations informationnelles et activités de réseautage ne constituent pas nécessairement du travail. En revanche, l’exercice d’une activité professionnelle, y compris certaines activités non rémunérées, peut être soumis à des règles d’immigration. Vérifiez les conditions de votre statut avant d’accepter un emploi, un stage ou une mission bénévole susceptible d’être considéré comme du travail.